Il y avait jadis un petit garçon, pas trop beau, pas trop laid, aux cheveux noirs, aux yeux cachés derrière de petites lunettes, tantôt en chemise à carreaux, tantôt en t-shirt taché ou sali, ses shorts révélant de petites jambes maigrelettes couvertes de terre et parfois même d'echymoses violacées, faute d'un peu trop de témérité. Ce petit garçon adorait s'amuser dehors, jouer dans la terre, déterrer des vers de terre, observer les papillons, ramasser les feuilles tombantes des arbres pour en faire une collection, un trésor rouge et vert. Il aimait aussi construire patiemment des monuments à l'aide de morceaux de bois, une pile de petites choses qui s'illuminait et devenait château, palais, manoir, monde ... et lorsqu'il riait, son nez se retroussait, faisant s'agiter une constellation de taches de rousseur, et ces notes perçantes qui se perdaient dans l'immensité des bruits ambiants résonnaient comme une mélodie si douce à mes oreilles ...
J'ai connu cette personne, je l'ai aimée de tout mon coeur sans le savoir. Il fut je crois, mon tout premier amour. J'avais alors dix ans. Moi qui étais une petite fille banale, si blonde et trop timide, portant la salopette, je me sentais toujours minuscule. Les autres filles de ma classe étaient, pour la plupart, déjà des mini-divas qui s'attiraient l'attention de tous les garçons de l'école. Quand j'y repense je ne voulais pas spécialement que les garçons s'intéresse à moi, je ne comprenais pas ce que cela pouvait bien m'apporter, mais j'ai toujours eu cette petite pointe qui venait piquer mon coeur juste assez pour que j'aie envie de me débattre, de crier, d'agiter les bras afin qu'on remarque ma présence. Mais voilà que ce petit garçon préférait passer son temps avec moi, à parler d'animaux, à construire des tours trop grandes pour nos ambitions d'enfants, à remuer la terre en quête de bestioles effrayantes, à dessiner sur des feuilles grises avec nos feutres criards. Et en le regardant, avec ses cheveux courts et indisciplinés, ses autocollants de lions soigneusement rangés dans des albums de robots, en regardant ses petites taches s'agiter sur son nez, je me rendais compte qu'il était bien plus merveilleux d'être minuscule si ça me permettait de passer mes récréations à ses côtés ...
Sache qu'il m'arrive toujours de penser à toi, et c'est avec une pointe de regret que mon coeur se demande ce que tu es devenu ...
(Si vous retrouvez ce petit garçon, prière de lui dire qu'une princesse qui a vieilli malgré elle l'attend toujours pour lui rendre son cahier à colorier du Roi Lion avec des coeurs gribouillés dedans.)
J'ai connu cette personne, je l'ai aimée de tout mon coeur sans le savoir. Il fut je crois, mon tout premier amour. J'avais alors dix ans. Moi qui étais une petite fille banale, si blonde et trop timide, portant la salopette, je me sentais toujours minuscule. Les autres filles de ma classe étaient, pour la plupart, déjà des mini-divas qui s'attiraient l'attention de tous les garçons de l'école. Quand j'y repense je ne voulais pas spécialement que les garçons s'intéresse à moi, je ne comprenais pas ce que cela pouvait bien m'apporter, mais j'ai toujours eu cette petite pointe qui venait piquer mon coeur juste assez pour que j'aie envie de me débattre, de crier, d'agiter les bras afin qu'on remarque ma présence. Mais voilà que ce petit garçon préférait passer son temps avec moi, à parler d'animaux, à construire des tours trop grandes pour nos ambitions d'enfants, à remuer la terre en quête de bestioles effrayantes, à dessiner sur des feuilles grises avec nos feutres criards. Et en le regardant, avec ses cheveux courts et indisciplinés, ses autocollants de lions soigneusement rangés dans des albums de robots, en regardant ses petites taches s'agiter sur son nez, je me rendais compte qu'il était bien plus merveilleux d'être minuscule si ça me permettait de passer mes récréations à ses côtés ...
Sache qu'il m'arrive toujours de penser à toi, et c'est avec une pointe de regret que mon coeur se demande ce que tu es devenu ...
(Si vous retrouvez ce petit garçon, prière de lui dire qu'une princesse qui a vieilli malgré elle l'attend toujours pour lui rendre son cahier à colorier du Roi Lion avec des coeurs gribouillés dedans.)
