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la ballade du battement de coeur

J'ai cette sensation étrange qui me martèle la poitrine. Ce petit pincement que j'ai ressenti des milliers de fois, ces mortels papillons annonciateur d'un amour présent. Mais pourtant, ça ne me fait rien. Je sens ce pincement mais ça ne m'indique rien. C'est comme avoir une boussole qui ne fonctionne pas entre les mains. Il y a cette incertitude qui m'entoure et m'enveloppe de ses bras, resserant son étreinte sur mon coeur.

J'aime quand on se parle, j'aime ces moments d'échange. Une situation toute simplette, où il y a seulement deux personnes qui parlent, avec un décor en arrière-plan et d'autres gens aux alentours.

En fait je m'en réjouit un peu. J'ai cessé d'envier, j'ai cessé d'espérer. Puisqu'il m'est impossible d'aller à toi, et encore plus de te faire venir à moi, j'ai commencé à faire confiance à la vie. Je ne cherche plus ces moments, je ne fais que les recevoir. Si on doit vraiment vivre ça tout les deux, ça se produira et c'est tout. On aura pas besoin d'une robe scintillante, d'un petit resto chic et d'une bouteille de vin avec des chanteurs italiens qui nous font la sérénade, on aura pas besoin de ces faux artifices. On va être réel, c'est tout.

Et dans ces moments de réalité, ou on parle, un peu de tout, un peu de rien, de toi, de moi, d'anecdotes, de petits délires, je les accepte et je les vis. Je ne les stocke même pas pour pouvoir y revenir ensuite, tout simplement parce que c'est irréel, et surtout impossible. Je ne m'efforce plus de revoir tes lèvres bouger et tes yeux me fixer, l'image toujours de plus en plus floue. Parce que la magie n'y est plus, et que ça sonne faux, vécu une seconde fois.

Non, je savoure le moment présent et je n'espère plus rien. Je n'espère plus que ça revienne, et je n'essaie plus de garder des souvenirs, des petites bribes de vie. Ça fait toujours trop mal, donc quitte à souffrir j'aime mieux laisser aller.

Si on y pense, j'en sors gagnante. J'ai acquis la liberté. Une liberté qui m'est propre. Je ne suis pas à toi, tu n'es pas à moi. On appartient à personne, on est juste deux personnes qui parlent, comme ça, quand ça adonne.

Quant à savoir si j'aimerais que ça aille ailleurs, peut-être un peu plus loin ... je ne peux pas y répondre. Oui, j'ai cette envie. Mais je la laisse filer. Toi seul pourra décider si tu prends mon coeur ou pas. Moi, je m'en fiche, puisque je serai heureuse, peu importe ce qui se passera - ou pas, justement.
Je te fais confiance.
# Posté le mercredi 14 novembre 2007 16:43

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