J'ai pleuré

J'ai pleuré hier soir.

Je me sens toujours comme de la crasse, ça n'a rien changé à ma situation. Mais je me sens un peu mieux ... c'est une amélioration, non?

J'accumule toujours autant de tristesse et de colère sans jamais le dire à personne. Je suis comme ça, c'est tout. Je suis incapable de parler de moi à des gens, ça me dégoûte et me fait sentir dégoûtante. Alors heureusement que je tiens ce blog, même si personne ne le lit, je m'en fous. Je m'en fous, je m'en fous, parce qu'au moins je me délivre quelque part.

Ça me soulage peut-être de penser que quelque part dans le monde, ici ou à des milliers de kilomètres, quelqu'un puisse lire ce que j'écrit et penser : "Je me sens pareil."

C'est une éventualité qui me plaît bien, même si je doute que ça soit vrai.

# Posté le mardi 23 octobre 2007 07:34

goutte par goutte.

J'ai franchement envie de pleurer. Ça me gruge depuis samedi. Non, en fait, ça me gruge depuis plus longtemps que ça.

De voir comment tes yeux brillent quand tu parle de lui, de voir que le courant passe, que tu le touches à ma place, que tu dis mes paroles, que tu partages mes moments avec lui.

Je sais que c'est égoïste. Je voudrais qu'il soit à moi, qu'il me regarde comme il te regarde, qu'il me parle comme il te parle ... qu'il m'en dise plus sur lui, plus sur sa vie, sur ses passions, sur ses mots, mots qu'il te dicte et que je perçois au loin en fermant les yeux et en m'imaginant que c'est à moi qu'ils s'adressent ...

C'est un cercle vicieux. Le plus vicieux que j'aie jamais vécu. Quand je vous entendais parler de lui, samedi, je me suis fait muette et j'ai retenu mes larmes. Je crois que ça n'a pas paru, ou du moins j'aime me bercer dans cette illusion. Et aujourd'hui, en courants littéraires, j'ai refoulé une fois de plus ces larmes qui menaçaient d'envahir mes joues, j'ai retenu ce barage qui tient tant à céder mais je sais que tôt ou tard, je n'aurai plus la force de contenir ces flots salés. Dans le couloirs. Devant mon écran. En ce moment même, elles veulent de nouveau sortir, mais pourtant j'ai de la difficulté à me laisser aller. C'est fou ce que l'orgueil en lui-même permet d'accomplir, entrelacé avec la censure.
Je m'auto-censure pour combler mon auto-destruction. Je me dis que c'est mieux que d'exploser. Je me contente de vivre cette tristesse à l'intérieur, refoulée, cachée au plus profond de ma tête, tête qui tourne inlassablement autour d'un seul visage qui est le sien, et que tes yeux apprécient à ma place. Je veux que ses mains s'enroulent autour de mon cou, je souhaite voir ses yeux déverser leur torrent de passion dans ma personne, mais je ne le mérite pas.

Je ne le mérite pas, parce que pendant que ma tête et ma bouche disent combien tu es une fille géniale, mon coeur lui, hurle à mort : «Je te déteste!»

Je me sens si sale de penser cela contre mon gré. Sale, et torturée.

Et j'ai envie de pleurer plus que jamais.
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# Posté le lundi 22 octobre 2007 19:11

my life is a little less sad comedy

Finalement j'ai pris un moment pour y penser.

Et je crois que je m'en câlisse un peu. Ça vaut peut-être pas la peine d'avoir de la peine, justement, pour de simples illusions, de petites impressions.

Même si y réfléchir m'a laissé froide, peut-être même de marbre, je me donne du temps. Je me donne du temps pour me bâtir un raisonnement solide. En fait je me donne un mois. Un mois pour me convaincre d'aller te parler, un peu de moi, un peu de toi, autour d'un café bien chaud. C'est tout ce dont j'ai envie. Te parler, sans plus. Sans faux espoir, sans désillusion totale. Juste qu'on parle et qu'on passe un bon moment.

J'ai porté ma tuque toute la soirée, j'ignore pourquoi exactement. C'est peut-être le doux confort qu'elle me procure. Je me sens coupée du reste du monde, au chaud. Bien.

Pareil comme quand je te regarde du coin de l'oeil...
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# Posté le dimanche 14 octobre 2007 21:35

My life is a fucking sad comedy

J'ai de plus en plus de difficulté à être heureuse. Chaque jour je sens que mon coeur se comprime un peu plus dans ma poitrine, je sens les pointes ma cage thoracique peser lourdement contre cet organe vital sans pour autant le faire exploser. Et chaque jour la pression est un peu plus forte ... Est-ce que ça va continuer jusqu'à ce qu'il crève, où bien vais-je finalement trouver un moyen de me libérer de ma propre angoisse émotive? J'ai pas la réponse, mais je la cherche.

Je sens que je m'éloigne un peu plus de toi à chaque fois et ça m'effraie. Ça m'effraie parce que je n'ai pas le contrôle. Pas le contrôle de toi, ni même le contrôle de moi ou de ce que je ressens. Putain ça fait chier. J'ai pas envie que tu t'éloignes jusqu'à ce que je ne puisse plus te voir, jusqu'à ce que mon coeur explose ...

En découpant des petits morceaux de revue pour mon travail d'art, je me suis rendue compte que je me sentais étrangement comme ces petits papiers qui voletaient partout, un peu au hasard, tremblant dans un univers trop grand pour eux. Je suis quelqu'un qui essaie d'être grand dans un monde de géant. Et ça m'effraie d'autant plus.

J'aimerais tellement que ça arrive d'un coup, que tu te rendes compte que je suis un petit papier perdu dans l'air et que tu m'attrapes dans ta main, j'aimerais que ça soit toi qui viennes à moi ... mais la vie c'est pas comme ça. La vie c'est pas un rêve.

Et mon coeur c'est la petite gommette qu'on oublie collée au mur ... parce qu'elle se cache dans le bleu de celui-ci. Ça doit être pour ça que je porte du bleu. Je me sens comme un petit bout de rien, qui se colle, qui s'accroche à la vie pour ne pas tomber du haut du mur, sous le meuble de la télé, et qu'on oublie encore plus ...

Je suis une rêveuse paradoxale. Et j'ai franchement envie de pleurer.
My life is a fucking sad comedy
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# Posté le vendredi 12 octobre 2007 09:48

Modifié le dimanche 14 octobre 2007 21:30

J'ai un tricycle à partager

Il y avait jadis un petit garçon, pas trop beau, pas trop laid, aux cheveux noirs, aux yeux cachés derrière de petites lunettes, tantôt en chemise à carreaux, tantôt en t-shirt taché ou sali, ses shorts révélant de petites jambes maigrelettes couvertes de terre et parfois même d'echymoses violacées, faute d'un peu trop de témérité. Ce petit garçon adorait s'amuser dehors, jouer dans la terre, déterrer des vers de terre, observer les papillons, ramasser les feuilles tombantes des arbres pour en faire une collection, un trésor rouge et vert. Il aimait aussi construire patiemment des monuments à l'aide de morceaux de bois, une pile de petites choses qui s'illuminait et devenait château, palais, manoir, monde ... et lorsqu'il riait, son nez se retroussait, faisant s'agiter une constellation de taches de rousseur, et ces notes perçantes qui se perdaient dans l'immensité des bruits ambiants résonnaient comme une mélodie si douce à mes oreilles ...

J'ai connu cette personne, je l'ai aimée de tout mon coeur sans le savoir. Il fut je crois, mon tout premier amour. J'avais alors dix ans. Moi qui étais une petite fille banale, si blonde et trop timide, portant la salopette, je me sentais toujours minuscule. Les autres filles de ma classe étaient, pour la plupart, déjà des mini-divas qui s'attiraient l'attention de tous les garçons de l'école. Quand j'y repense je ne voulais pas spécialement que les garçons s'intéresse à moi, je ne comprenais pas ce que cela pouvait bien m'apporter, mais j'ai toujours eu cette petite pointe qui venait piquer mon coeur juste assez pour que j'aie envie de me débattre, de crier, d'agiter les bras afin qu'on remarque ma présence. Mais voilà que ce petit garçon préférait passer son temps avec moi, à parler d'animaux, à construire des tours trop grandes pour nos ambitions d'enfants, à remuer la terre en quête de bestioles effrayantes, à dessiner sur des feuilles grises avec nos feutres criards. Et en le regardant, avec ses cheveux courts et indisciplinés, ses autocollants de lions soigneusement rangés dans des albums de robots, en regardant ses petites taches s'agiter sur son nez, je me rendais compte qu'il était bien plus merveilleux d'être minuscule si ça me permettait de passer mes récréations à ses côtés ...

Sache qu'il m'arrive toujours de penser à toi, et c'est avec une pointe de regret que mon coeur se demande ce que tu es devenu ...

(Si vous retrouvez ce petit garçon, prière de lui dire qu'une princesse qui a vieilli malgré elle l'attend toujours pour lui rendre son cahier à colorier du Roi Lion avec des coeurs gribouillés dedans.)
J'ai un tricycle à partager

# Posté le mercredi 03 octobre 2007 15:03

Modifié le jeudi 04 octobre 2007 22:41